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dimanche 9 septembre 2007

Les bons mots de conclusion

J’ai aimé ce qu’a dit l’évêque Irlandais dans sa conclusion :

A Bâle, nous nous sommes tendu la main.

A Graz, nous sommes allés les uns vers les autres.

A Sibiu, nous nous sommes engagés à préserver l’unité.

Il faut aimer l’autre Eglise comme la nôtre.

Ou encore cette migrante de l’Eglise méthodiste italienne :

Plutôt de se demander ce que l’Eglsie peut faire pour nous,

se demander ce que nous pouvons faire pour nos Eglises.

Et ce jeunes steward ukrainien :

C’était dur, raide et il faisait froid. Mais nous avions un seul but : s’offrir réciproquement pour faire communauté.

Ce que les jeunes stewards ont affiché pendant leurs au-revoir… et qui aurait du être affiché au début de l’assemblée :

We didn’t come here to repeat what others have said before !

Nous ne sommes pas venus ici pour répéter ce que d’autres ont déjà dit !

(GD)

Un message ou un massage


Geoffroy Goetz et Jean-François Collange sont intervenus à la lecture de la première ébauche du message qu'ils ont tous les deux jugé trop convenu. Jean-François Collange a proposé que soient repris des éléments du message des jeunes, plus concret et enthousiaste, Geoffroy Goetz a également proposé que le message soit formulé de façon plus positive et joyeuse. Tonnerre d'applaudissements pour les deux dans l'assemblée.

Une bonne chose quand même : le seul point traduit de manière concrète dans ce message est le thème de la migration. Le message insiste sur le refus des Églises de la criminalisation des migrants dans les pays d'Europe (détention) et la réhabilitation du statut de demandeur d'asile, de moins en moins accordé. Un défi pour les Églises est sans doute déjà de donner les vrais chiffres de l'immigration pour lutter contre les préjugés.

Message final : beaucoup mieux !


Samedi : dernière séance de travail et proclamation du message final.

Grande amélioration. L’équipe de rédaction avait essuyé les tirs groupés des délégués désireux d’un message plus dynamique, plus interpellant, et qui couvrait toutes leurs préoccupations. Elle a donc refondu le texte jusque tard dans la nuit pour trouver, à partir des propositions parfois contradictoires, le bon équilibre propre à recueillir l’assentiment de tous.

Le lecteur averti, en le lisant, reconnaîtra les sources confessionnelles ou militantes dans tel ou tel passage ou recommandation !

Relevons quelques thématiques :

Dans une période de recomposition œcuménique, s’attacher d’abord à cette conviction : la lumière du Christ est plus forte que les ténèbres de la résignation. Plus il y a de difficultés, plus la lumière du Christ nous engage à travailler la relation.

Dans le texte, on retrouve d’abord les grands thèmes théologiques des débats œcuméniques : l’importance de la reconnaissance mutuelle des baptêmes et les question ecclésiologiques ; la recherche d’un consensus autour des questions éthiques (loin d’être acquis !) ; l’œcuménisme spirituel et l’invitation à la conversion ; l’unité dans le témoignage.

Sur la présence des Eglise en Europe, ll'équilibre fut plus difficile à trouver entre des orthodoxes russes aux visions caricaturales de la démocratie occidentale (dont ils ont reçu les pires éléments depuis la chute du mur, jusqu’à une déliquescence morale grave); et un pape qui s’exprime de son côté sur l’Europe (donnant le sentiment d’un court-circuit de l’Assemblée). Dans cette situation-là, il est d’autant plus important de dialoguer et de réaffirmer les grandes orientations et valeurs de la Charte œcuménique européenne. Tout en s’engageant dans la repentance pour le « péché d’exclusion » des chrétiens, et en militant pour un dialogue avec les institutions européennes.

Quant à la partie sur les Eglises et le monde, elle insiste surtout sur l’héritage et la responsabilité de l’Europe dans la Paix mondiale et la résolution non-violente des confits ; sur l’urgence écologique et la solidarité avec les migrants.


Quelques sujets de recommandations :

- généraliser une fête liturgique de la création en septembre ;

- poursuivre les initiatives en faveurs de l’annulation de la dette

- solidarité avec le peuple Tzigane et tous les migrants

+ organiser des pèlerinages communs

+ travailler le lien baptême-eucharistie-ministère.

Tous les documents sont sur le site de l'Assemblée en Français.

Il faudra du temps pour décanter ce texte, s’en saisir dans nos Eglises (en synodes ?) et les orienter en conséquences. (GD)

samedi 8 septembre 2007

Londres versus Smolensk et Kalingrad

Il parait qu’il y une grande consonance entre les valeurs européennes, telles que Jan Fliegel, commissaire à l’éducation et à la culture de la commission européenne, les a présentées, et les valeurs chrétiennes. Démocratie, tolérance, liberté de parole, respect, dialogue, etc. font bon marché et sont largement reconnues maintenant comme des valeurs indispensables pour la construction européenne. Jamais, les états et les Eglises de l’Europe n’ont été aussi proches. Dieu merci.

Mais est-ce si évident ? Suffit-il de constater que ces valeurs sont communes ? Les valeurs européennes, certes d’inspiration chrétienne, peuvent-elle parler d’elles-mêmes, avec une évidence qui va de soi ?

L’évêque de Londres, Richard Chartres, lors de son intervention du mercredi 6 septembre, s’est exprimé là-dessus d’une manière claire : it is absolutely not self evident that all beings are of equal value (il n’est absolument pas évident que tous les êtres humains sont égaux). Les valeurs européennes ne sont pas immuables. La démocratie que les grecs ont léguée à l’Europe avait besoin de la foi chrétienne pour que des siècles plus tard, les esclaves reçoivent aussi l’accès à celle-ci. Autrement dit il n’y a pas de valeur en soi. Il nous faut encore un dernier mot, une dernière imagination de Dieu, une voix prophétique pour les orienter vers la venue du règne du Christ.

Le métropolite Kyrille de Smolensk et Kalingrad, lors de son intervention du mardi 5 septembre n’était pas loin de ce même constat. Pour lui les valeurs séculaires ne suffisent pas non plus. Au contraire, il faut se battre « for a single public christian morality », une morale chrétienne publique sous les ailes de l’Eglise. Il est peut-être vrai que l’Etat séculier s’occupe de la deuxième table de loi, l’Eglise néanmoins possède les deux... et a donc la capacité récapituler toute vie publique sous son autorité.

L’évêque et le métropolite s’accordent sur une certaine analyse des valeurs européennes et de l’importance de la foi chrétienne pour la construction européenne afin d’éviter un consensus illusoire entre les Eglises et les Etats de l’Europe. Leurs conceptions du rôle de la chrétienté dans la construction européenne, en revanche, diffèrent radicalement.

Là où Kyrill cherche la restauration d’une Europe chrétienne, l’évêque de Londres intègre l’époque des Lumières et nous invite à persévérer et insister sur les paroles d’évangile qui mettent les valeurs séculières devant l’inattendu de l’action de Dieu, devant le « Novum » de la promesse de la foi chrétienne afin de laisser le dernier mot à l’Espérance. Que Dieu nous laisse voir sa volonté dans cette Europe en pleine mutation.

Restauration de la création ou aspiration d’une nouvelle création ? Récapitulation ou Novum ? Ouest ou Est. Heureusement Sibiu n’a pas tranché ! (JAR)

Scepticisme !

Vendredi soir.
Ce matin, nous a été distribué le premier draft du message final de l’Assemblée.

Texte étrange et décevant.

Etrange car il mêle des aspects quasi administratifs (rappel des multiples rencontres préparatoires dès le premier paragraphe, ce qui ne donne pas envie d’aller plus loin) et des formules spirituelles ou mystiques décrochées de toute réalité concrète.

Décevant car il n’a pas de souffle et son contenu est très en retrait par rapport aux messages lancés à la fin des assemblées de Bâle (1989) et Graz (1997).

Il y a urgence à retravailler de fond en comble ce texte qui ose, par exemple, affirmer que les chrétiens d’Europe ont vécu pendant des siècles en paix avec les autres religions ! Comment accepter de telles contre-vérités historiques ?!

La vingtaine d’interventions de délégués, qui ont suivi la lecture du texte, a clairement montré le désarrois de l’assemblée face à un tel texte.

Mais l’assemblée sera-t-elle entendue ?

Il semble qu’il ne soit pas prévu de soumettre ce texte au vote des délégués.
Une adoption par acclamation ?

Christian Renoux – France – MIR – Church and Peace – université d’Orléans.

Message ou massage ?

Geoffroy Goetz et Jean-François Collange sont intervenus à la lecture de la première ébauche du message qu'ils ont tous les deux jugé trop convenu. Jean-François Collange a proposé que soient repris des éléments du message des jeunes, plus concret et enthousiaste, Geoffroy Goetz a également proposé que le message soit formulé de façon plus positive et joyeuse. Tonnerre d'applaudissements pour les deux dans l'assemblée.

Une bonne chose quand même : le seul point traduit de manière concrète dans ce message est le thème de la migration. Le message insiste sur le refus des Églises de la criminalisation des migrants dans les pays d'Europe (détention) et la réhabilitation du statut de demandeur d'asile, de moins en moins accordé. Un défi pour les Églises est sans doute déjà de donner les vrais chiffres de l'immigration pour lutter contre les préjugés.

(Annette, Ursula, Alain, Jean-Luc et Julien-Nathanaël)

Les frontières ecclésiales et la bien-séance bougent

Le clou de la journée : Andréa Ricardi, de San Egidio, qui proposait l'élargissement de la tente, même celle déjà vaste de notre assemblée. Ses propos semblaient vouloir secouer le cocotier œcuménique. En historien, il a surtout insisté sur la frilosité de l'Europe qui lui rappelle les peurs nationalistes du 20ème siècle : "l'Europe fait bonne chaire, alors que Lazare meurt à sa porte", "nous devons être Églises sœurs au sein de peuples de frères". Certains ont moins aimé cette intervention, plus convenue à leurs oreilles, au-delà des belles formules.

La petite histoire sur le "change-maker", ce "faiseur de changement", d'une petite fille qui se blesse sur les fils de l'injustice, de l'intervenante norvégienne a touché les uns et les autres : ce sont les hommes qui ont créé les injustices, ce sont les hommes qui peuvent les lever ! En ont-ils envie ?

Certains trouvent que les plénières manquent de punch… mais enfin, le débat s'est lancé ce matin entre de Ibrahim Saleh, égyptien, et Margot Kässmann, évêque luthérienne d'Hanovre, qui modérait la séance. Ce n'est parce qu'on fait de l'oecuménisme que la disptutatio ne doit pas avoir lieu !

(Annette, Ursula, Alain, Jean-Luc et Julien-Nathanaël)

vendredi 7 septembre 2007

Bilan à mi-course

A mi course du rassemblement de Sibiu, petit bilan très personnel :
Je souhaite que le rassemblement ne se contente pas de souligner les inquiétudes, les peurs, le sentiment d’urgence par rapport aux problèmes en Europe et dans le monde. Je me souviens du mot de Jean XXIII au début du Concile : il ne faut pas que nous soyons des « prophètes de malheur » ; il faut que nous sachions accueillir avec bienveillance ce qui est réalisé ou initié par les institutions démocratiques et les hommes de bonne volonté en matière de justice, développement, respect des droits de l’homme, de façon non-confessionnelle.
Parfois certains de nos propos me donnent l’impression que nous soulignons volontiers les échecs de la marche du monde depuis qui nos religions ne la conduisent plus. Ne cédons pas au dépit.
Que les français sachent faire partager les prises de conscience qui nous viennent de notre pratique de la société laïque. En 1996, les évêques français ont solennellement déclaré que notre Eglise catholique se sent à l’aise dans la société laïque.
J’aimerais que nos Eglises européennes assument leur mission d’inculturation et d’actualisation de l’Evangile dans la culture à laquelle nous sommes envoyés : la culture dite de sécularisation. La sécularisation n’est pas diabolique ; elle a des aspects négatifs, qui sont ici amplement soulignés, en matière par exemple d’éthique, mais je ne suis pas prêt à aimer vivre dans une culture non-sécularisée. J’apprécie la liberté et l’autonomie personnelle. Je souhaite que nos Eglises envoient un message de sympathie et d’estime aux forces vives de l’Europe. C’est probablement avec ce ton que nous pourrons le mieux faire passer ce qui nous tient à cœur : l’ouverture des consciences à ce qui est plus haut que nous ; notre conviction est que nos contemporains ont soif d’un message de cette nature.
Et puis ne croyons pas que nous sommes seuls chargés de la marche du monde. Les institutions ecclésiales n’ont pas à régler les problèmes à la place des institutions politiques.
Pour autant n’avons-nous rien à faire ? Si mais à trois conditions éthiques
être conscients du rôle exact qui est le nôtre et l’exprimer clairement
avoir une éthique marquée de la condition humaine fondamentale qui est d’être dans une histoire ; donc, pas trop de jugements binaires en noir et blanc, et laisser place au processus, au progrès, à la démarche. Du coup, ne pas nous spécialiser dans une « morale de la conviction », facilement irréaliste, et ouvrir nos propos à une « morale de la responsabilité » qui tienne compte des complexités et des compétences nécessaires. Ne pas non plus identifier question politique et question morale, même si bien sûr la politique doit être travaillée par les préoccupations éthiques. Le président Barroso nous l’a excellemment dit.
Les actions des Eglises ou des mouvements d’Eglise, en tenant compte des points 1 et 2 peuvent prendre la forme de premier pas, sans prétendre tout régler.
Du coup, pour le message final, je souhaite que soient formulés et suggérés quelques premiers pas constructifs dans les différents domaines qui nous préoccupent.

Et puis il nous faut désormais formuler paisiblement entre nous nos différences, comme l’a dit le cardinal Walter Kasper dans sa prise de parole. Il a d’ailleurs immédiatement appliqué son propre précepte en avouant que les textes récents du Saint siège, notamment la réponse de la congrégation pour la doctrine de la foi sur le subsistit in, l’avaient blessé.Quelle différence devons-nous mettre au jour ? Une m’apparaît : les Eglises occidentales ont l’habitude de vivre dans des pays de culture laïque, avec une certaine autonomie mutuelle des institutions religieuses et des institutions politiques. Cela ne me semble pas être le cas de bien des Eglises européennes orientales et de bien des Eglises d’autres continents. Il nous faudrait faire la lumière là-dessus. (P. Dominique BANET - Délégué catholique)

La crise écologique est d'abord une crise spirituelle

Après la prière commune sur Bonté, Justice, Vérité (Eph 5), Andrea Riccardi (San Egidio) fustige la réhabilitation de la guerre comme moyen de résoudre les conflits. Il appelle les chrétiens d’Europe à renouveler leur mission de paix. Car l’Europe a vocation de Paix dans le monde après avoir été à l’origine de deux guerres mondiales. Il faut délivrer le monde des démons de la guerre. Nous avons besoin les uns des autres et nous ne vivons pas pour nous-mêmes. Il souligne le génie commun de l’Afrique et de l’Europe, alors que le décalage nord-sud est dramatique. Pour lui, l’Afrique est un bon lieu de vérification de la politique internationale. Nous sommes prophétiques en œuvrant pour la justice, car une Eglise qui écoute et qui prie ne vit pas pour elle-même. Bref, l’Europe n’est plus ce qu’elle était mais elle peut devenir meilleure qu’autrefois.

Mgr Guenadios, orthodoxe, tente de démontrer que la crise écologique est en fait une crise spirituelle. Elle a ses racines dans la théologie chrétienne occidentale qui a entraîné une attitude arrogante à l’égard de la création. Le péché n’est pas qu’anthropologique ! Il appelle les Eglises à la repentance. Et l’Eglise Orthodoxe peut aider au changement. Et de réitérer la proposition du Patriarche : une journée de la création le 1er dimanche de septembre dans toutes les Eglises.

Ingrid Noess Homl de Norvège, invite l’assemblée à couper les racines de l’injustice et à ne pas désespérer. Et de dénoncer le commerce international des pays riches, le flux des ressources qui vident les pays du sud, etc... Elle souligne la force du réseau des Eglises, si elles le veulent. Elle ne veut pas désespérer : si l’injustice est causée par les humains, elle peut-être changée par les humains !

L’Egyptien Ibrahim Saleh pousse un cri en faveur du Moyen Orient. Nous avons besoin de dialogue, et d’un dialogue international pour sauver le Moyen Orient. Pour les chrétiens en particulier. Invitez chez vous les responsables des Eglises du Moyen Orient !

Il n’y a pas d’autre chemin vers la paix que la rencontre qui finit par modifier l’image de l’autre, concluera Ingrid Noess en conclusion des questions.

La matinée se termine avec une première lecture du message final. Exercice difficile que de rassembler l’événement en des mots qui ne sonnent pas creux…(GD)

Paroles de foi, témoignages de politiques réconfortants

Dans les séances plénières, José Manuel Barosso et le commissaire européen ont tenu des discours marquant. Ces hommes m’ont ressourcé par le lien qu’ils faisaient entre leur foi et leur engagement politique européen. La foi n’est pas seulement un gadget de l’équilibre de la vie privé, mais bien une rencontre qui nous donne d’agir et de vivre dans tous les domaines de nos vies. Et chez nous, quand nous laisserons-nous aller à témoigner simplement de ce qui fonde nos vies ?
Gilles Pivot

jeudi 6 septembre 2007

Ce qui m'a frappé ce matin

Le premier ministre est retenu pour cause d’inondations dans le sud de la Roumanie. Son ministre de la culture le remplace. Il plaide pour un partenariat avec les religions faces aux problèmes nouveaux de la société et du monde et pour améliorer le dialogue inter-culturel. (GD)

Mr Barroso, président de la commission européenne est très applaudi… Il parle en français !
Il souligne le rôle des chrétiens dans le processus d’intégration européenne.
Sa prophétie : l’Europe sera multiethnique, multiculturelle, multireligieuse.
Sa radicalité : pour la liberté d’expression, de religion, de création, et contre la peine de mort. Pour une Europe fondée sur des valeurs de solidarité dans la diversité.
Sa foi : dans le prochain nouveau traité qui devrait permettre le développement de ces valeurs (GD)

Mr Van der Linden, Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe : vos thèmes sont les nôtres ! Dénonce l’exploitation de trop de personne en Europe : travailleur, minorité, migrants et réfugiés. Il plaide pour un renforcement du rôle des religions en Europe mais dans une distinction-complémentarité avec le politique. Pour lui, le dialogue est la seule thérapie contre l’intolérance. (GD)

Mgr Chartres, évêque de Londres : Notre rassemblement, une vision de ce que peut être l’Europe. Vue de l’espace, l’Europe est une des parties les plus éclairées de la planète : que faisons-nous de cette lumière ? Nous vivons une période de promesses et de dangers : allons-nous utiliser notre richesse à bon escient ? Il nous faut participer au mystère de l’amour du Christ : plus vous allez vers l’étranger, le malade, l’autre, plus vous deviendrez vous-mêmes. C’est ainsi que la foi chrétienne nourrit l’idée de l’égalité de tous. (GD)

Mgr Anastasios d’Albani : Il y a de l’espoir pour une nouvelle civilisation en Europe… en Christ. Aux chrétiens de vivre comme des agents d’une Europe créative. L’Europe est multireligieuse et sécularisée. Les religions ne doivent pas être dominatrices. Le Christ-Lumière ne s’est pas fait dominant mais thérapeute (au sens le plus large : guérir le corps de la société comme les individus). C’est ainsi que les valeurs chrétiennes peuvent cheminer aujourd’hui en Europe. (GD)

mercredi 5 septembre 2007

Ceci dit, Sibiu, c’est bien ! (4)

Ce matin, time’in misérable. On a saturé de discours !
Programme démentiel : trop chargé et trop concentré. Sentiment de gavage. La foule s’est effilochée lors des derniers messages du Pape, de Rowan Williams (Archevêque de Canterbury) et de Samuel Kobia (Secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises).
Peut-être symptomatique de l’œcuménisme : beaucoup de professionnels de l’œcuménisme qui ont beaucoup à dire…et beaucoup de mal à les écouter !

Dans les salutations, le Patriarche Bartholomée a rappelé sa rencontre avec Jean Paul II, le public a applaudi.
Ce qui m’a frappé dans l’intervention du Patriarche et des différents témoins, c’est la place faite aux opprimés et aux pauvres, bref à la question de la justice sociale. Je ne m’attendais pas à ça !
J’ai été déçu de la salutation du métropolite Daniel : des paroles étonnamment convenues de la part de ce théologien réputé.
L’intervention du pasteur de Clermont était très interpelante : malgré tout ce que nous faisons, nous n’arrivons pas à contrer la montée de l’antisémitisme, de l’islamophobie, de la pauvreté et la criminalisation croissante des demandeurs d’asile.
La justice sociale a été mise en évidence dans la première partie. Puis les interventions sont revenues sur d les débats plus théologiques et ecclésiologiques. La justice reviendra dans les prochains jours.

Surprise : le prince représentant du « Roi Michel 1er » a pris la parole, le président de la république, présent, est sorti… avec la horde de journalistes !

Les trois interventions principales :
Wolfgang Huber (Président de l’Eglise Evangélique Allemagne) a proposé de reprendre le débat sur la cène comme pour le baptême : l’ordre du Christ est plus important que celui qui célèbre !
On a bien apprécié par le Card Kasper lorsqu’il s’est dit blessé par le dernier document de la Congrégation pour la doctrine de la Foi. Mais il faut parler des blessures : les blessures de nos amis sont nos blessures. Il ne suffit pas d’être gentil les uns avec les autres, il faut aborder le nœud gordien : l’ecclésiologie.
Cyril de Smolensk a suscité des réactions moins négatives qu’on aurait imaginé : sa diatribe contre la sécularisation, son insistance sur les règles éthiques immuables depuis d’époque biblique et son invitation à un front commun de ceux qui tiennent à des « valeurs traditionnelles », rassurent un certain nombre.
Tout de même, de manière générale, ce discours sur l’identité chrétienne de l’Europe risque de construire un futur nationalisme européen rattaché au christianisme : attention danger !

Tous ont rendu hommage au Patriarche Theoctiste disparu cet été. Il nous regarde d’en haut et bénit cette assemblée, a déclaré Le Patriarche Bartholomée.

(Anne, Annette et Alain)

mardi 4 septembre 2007

Séances plénières


Bientôt ici les comptes-rendus des scéances plénières de l'Assemblée oecuménique européenne à Sibiu.

Bucarest /Rompres/ - La IIIème Assemblée oecuménique européenne, qui aura lieu à Sibiu /centre de la Roumanie/, du 4 au 9 septembre, réunira, outre des leaders des églises chrétiennes, des représentants des institutions européennes et des dignitaires roumains - au total 2 500 délégués officiels qui vont promouvoir le dialogue inter-religieux.
Le ministre de la Culture et des Cultes, Adrian Iorgulescu, a informé, mardi, dans une conférence de presse, que les personnalités suivantes avaient annoncé leur participation à cette manifestation : le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, René vand der Linden, le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Terry Davis, le commissaire à la culture, Jan Figel, et le commissaire au multilinguisme, Leonard Orban.
L’Assemblée oecuménique sera ouverte le 5 septembre, en présence du président Traian Basescu.
A cet événement seront présents, aussi, le Premier ministre Calin Popescu-Tariceanu, le président du Sénat, Nicolae Vacaroiu, le président de la Chambre des Députés, Bogdan Olteanu, le ministre des Affaires étrangères, Adrian Cioroianu, le ministre de la Culture, Adrian Iorgulescu, le ministre de l’Économie, Varujan Vosganian, tout comme le représentant spécial du Gouvernement de Roumanie, le prince Radu.
La rencontre, organisée pour la première fois dans un pays majoritairement orthodoxe, débattra des thèmes de l’unité spirituelle des églises et du monde contemporain, comme l’Europe, la migration, la religion, la justice et la paix.
Des personnalités des églises chrétiennes ont confirmé leur participation, parmi lesquelles le Patriarche oecuménique Bartholomée de Constantinople, le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, le cardinal Walter Kasper, et le patriarche grec-melkite-catholique d’Antioche, de Jérusalem et d’Alexandrie, Gregorios II.
Le pape Benoît XVI transmettra un message qui sera présenté par le cardinal Kasper.
Le programme de la manifestation inclut des conférences, des forums, des sessions plénières, des prières en commun, des études bibliques et des méditations dans des espaces aménagés à cet effet.
L’Assemblée réunira aussi, en tant qu’observateurs, des représentants des communautés musulmanes et juives du monde entier.
’’C’est une chance pour la Roumanie d’organiser, dans l’année de son adhésion à l’Union européenne, une manifestation de ce genre, ceci témoignant de l’ouverture et de la tradition oecuménique de l’église de notre pays et de l’intérêt à développer le dialogue inter-religieux’’, a déclaré M. Iorgulescu.
La manifestation est organisée par la Conférence des Églises européennes et le Conseil des conférences épiscopales européennes.
Le thème de la réunion est ’’La lumière du Christ illumine tous les humains. Espoir de renouveau et d’unité en Europe’’. [Rompres]
Source http://www.roumanie.com/