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dimanche 9 septembre 2007

La création

La création

Vendredi

Deux très bons apports dans ce forum. Un exposé sur le changement climatique très ancré dans la réalité – d'une femme qui a choisi de quitter le WWF pour se consacrer à cet enjeu –, intelligemment complété par le métropolite de Slovaquie sur la question spirituelle. Il faut que d'ici dix ans nos comportements changent radicalement pour éviter les catastrophes qui se préparent. Il a été rappelé la proposition du "temps pour la Création" dans les Églises européennes dans la période du 1er septembre au 15 octobre. Une autre proposition a été le renouvellement des groupes oecuméniques locaux autour de la question de la Création. Il a aussi été fait la proposition du 30 janvier comme "journée de la simplicité", anniversaire de la mort de Ghandi, où chacun se débarrasserait des objets inutiles chez lui pour les donner à quelqu'un qui en a l'usage.

Qu'en est-il de la prévention, avant l'intervention ou la réconciliation ?

Qu'en est-il de la prévention, avant l'intervention ou la réconciliation ?

Vendredi, les thèmes de la journée étaient justice, paix, sauvegarde de la création : les trois forums de l'après-midi y étaient consacrés.

Gkapile Félémou, de Guinée, a lancé un vibrant appel de l'Afrique à l'Europe, à travers l'exemple de deux jeunes africains retrouvés morts à l'aéroport de Bruxelles en essayant de rejoindre l'eldorado européen dans le train d'atterrissage d'un avion. La lettre qu'ils avaient laissé avant leur départ a vraiment résonné comme un cri des pays du Sud. Une jeune femme Rom, victime de discrimination, a vraiment laissé transparaître son émotion à s'exprimer devant une telle assemblée, fait si peu courant… en Roumanie, ils sont 500.000 à oser se déclarer officiellement alors qu'ils représentent 2.500.000 personnes, mais il ne fait pas bon être Rom, ici !

Déception, dans le forum sur la paix, le sujet du commerce des armes ne semble plus être d'actualité pour les Églises européennes. De même, on insiste ici sur la réconciliation, mais qu'en est-il de la prévention : on sait que ça marche, alors pourquoi ne pas mettre l'argent de l'armement dans des "bataillons" de médiateurs pour prévenir les conflits qu'on voit déjà se profiler dans le futur.

samedi 8 septembre 2007

L'oecuménisme en pratique

Loin des déclarations communes, les ateliers sont l'occasion d'échanges d'expériences riches. Les conditions ne sont pas toujours idéales pour ces échanges : peu de temps, difficulté de débattre quand on est nombreux à vouloir prendre la parole. Malgré tout, dans certains ateliers, notamment sur le dialogue interreligieux, l'enthousiasme n'a pas faiblit ! tout ceci nous rappelle que nous ne sommes pas là pour sortir de grandes déclarations (même si on en fait une quand même !) mais bien pour vivre un oecuménisme fait de rencontres.
Eléonore Léveillé

Nous avons calculé la vitesse de la lumière, mais connaît-on celle des ténèbres ? (une enfant de Sarajevo)

L’Atelier sur la paix était organisé autour du témoignage d’acteurs dans des processus de réconciliations : Irlande, Roumanie, Bosnie-Herzégovine.

Acteurs persévérants mais d’une implacable lucidité.

Aujourd’hui, l’Irlandais, le Bosniaque et le Roumain savent qu’une fois la paix des armes retrouvée, ce n’est que le début. On peut tomber dans l’apathie, les périodes d’après-violence sont risquées. Il faut passer de la résolution du conflit à la transformation du conflit. Car bien après le dépôt des armes, la violence poursuit encore son effet dévastateur dans les esprits.

La paix, et surtout la culture de Paix, se fait lentement. Il est difficile de se détacher d’un état d’esprit de conflit. C’est long d’accompagner ceux qui ont perdus les leurs. Il faut pouvoir parler de pardon sans l’exiger. « Si je ne pardonne pas, autant aller dans la tombe avec mon fils », s’écriait un Père dont le fils avait été assassiné. Et le jeune presbytérien qui a perdu de nombreux amis dans des attentats, ose dire : la lumière du Christ existait dans ces ténèbres !

Car la réconciliation est processus de guérison intérieure qui commence en chaque individu. Aucune institution, aucune loi ne peut la décréter. C’est pourquoi le processus européen lui-même n’aboutira que s’il est accompagné d’un processus de réconciliation.

L’éducation peut la favoriser, aider à sortir des caricatures de l’autre, des peurs d’être menacé et de l’accusation de l’autre.

En Bosnie Herzégovine, un conseil inter-religieux travaille à dépasser des cloisonnements tels que les communautés ne se comprennent pas. Le Conseil publie des livres de vocabulaire religieux, organise l’enseignement des religions pour les enfants dans le sens de la paix. Mais renverser les états d’esprits ne va pas de soi. Il faut du temps, dit l’Imâm Bosniaque, pour leur apprendre que leur voisin n’est pas à tuer !

Si vous pensez que la prière est inutile, c’est faux ! disent tous ces acteurs. La prière œcuménique est d’une importance capitale dans un processus de réconciliation. Car surmonter la violence est une véritable résurrection pour la personne, dont la source est la Résurrection du Christ, Lumière, vainqueur des ténèbres.

(GD)

vendredi 7 septembre 2007

Guérir les mémoires

En rang d'oignons sous la chaire baroque de l'église réformée : une irlandaise ; un trio composé du président du Conseil Oecuménique de Pologne, d'un catholique ukrainien et d'un représentant de l'Eglise gréco-catholique du Bélarus ; le président du directoire de l'Eglise protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine ; un pasteur luthérien de l'Eglise finlandaise ; et un évêque de Serbie. Qu'ont-ils en commun ? A priori pas grand chose, sinon d'avoir effectué, dans leurs contextes spécifiques, un travail de guérison des mémoires. Certains, sur ce plan-là, ont fait plus de chemin que d'autres. Des témoignages croisés qui nous encouragent à aller de l'avant...
(Pierre-Alain Jacot)

Atelier dialogue des religions : un discours entendu

C’est là que nous avons retrouvé Mgr Emmanuel, président de l’assemblée des évêques orthodoxes de France, comme porteur du dialogue pour la paix avec les autres religions, auquel tient tout particulièrement le Patriarcat de Constantinople.
La Rabbin de Moscou nous a raconté comment l’assassinat de 4 jeunes, 2 juifs et 2 chrétiens, a été le déclencheur des relations amicales entre la synagogue et l’Eglise orthodoxe russe. Le dialogue inter-religieux aurait-il aussi ses martyrs ?
Une musulmane a témoigné du rôle important des femmes dans le dialogue chrétiens/musulmans. De l’importance de l’éducation des femmes musulmanes, y compris au plan religieux.
Respect, ouverture à l’autre, refus de l’exclusivisme, dire la vérité dans l’amour… au-delà de ces principes incontournables du dialogue des religions (qui ne sont malheureusement pas des acquis partout !), le Rev. Wingate a souligné combien, en Angleterre, les musulmans sont tout aussi blessés que les chrétiens par le terrorisme. Le dialogue a permis aux musulmans modérés, depuis peu de temps, de dire clairement avec les chrétiens leur opposition à toute forme de terrorisme. Ce qui m’a frappé, c’est son interpellation : le monde attend de l’Europe qu’elle témoigne d’une convivialité inter-religieuse. C’est en quelque sorte sa mission.
Ce qui n’exclut pas, pour les chrétiens d’Angleterre, d’être solidaires des chrétiens pakistanais persécutés, et d’interpeler les pakistanais musulmans vivant en Angleterre pour qu’ils dénoncent cette intolérance.
Nous avions là, le témoignage d’un dialogue vrai. (GD)

Justice

La Roumanie, en Europe. Contraste saisissant entre pauvreté et richesse. Dans notre rassemblement, nous allons parler de la justice. Je suis en attente. Je suis en attente de savoir ce que l’on peut vivre ensemble pour une justice qui ne s’incarne pas seulement dans des mots, mais aussi dans une collaboration fraternelle entre Eglises.
Gilles Pivot.

mercredi 5 septembre 2007

Ceci dit, Sibiu, c’est bien ! (3)

L’atelier spiritualité n’a pas vraiment apporté du neuf. Centré sur la prière et la quête de sens, les chrétiens doivent redonner le Christ à la vie spirituelle pour que la spiritualité ne soit pas vide d’évangile. La vie spirituelle n’est pas une autre vie mais la vie même de l’homme vécue autrement.
L’atelier Unité a vu défiler des exemples d’accords (Porvoo, Déclaration sur la justification…) puis travaillé sur les modèles d’unité (nous sommes en recherche sur ce point) et repris la base du baptême avec les question ecclésiologique que cela engage et qui sont laissées en plan. Les groupes étaient sollicités pour proposer des projets concrets qui pourraient nous faire avancer. (Anne, Annette et Alain)

samedi 1 septembre 2007

« Christ lumière pour le monde » : 3 nouveaux ateliers pour se préparer

Vous pouvez retrouver ces rubriques dans les pages œcuméniques du site http://www.protestants.org/.


Ce rassemblement prend une importance inattendue au regard même de l’actualité : l’entrée de 30 millions d’orthodoxes dans la communauté européenne, les questions de bon voisinage de la Russie ou la Turquie, les débats préparatoires aux élections, les difficultés d’une politique commune dans une mondialisation quasi-anarchique... autant que la collaboration difficile des chrétiens européens, de cultures différentes frôlant le nationalisme, ou de théologies exclusives frôlant le sectarisme.

Dans cette période, les chrétiens ont-ils quelque chose à dire ensemble au nom du Christ mort et ressuscité ? Sont-ils capables de laisser la lumière du Christ briller dans cet espace ? Vers quoi nous entraîne la Charte œcuménique Européenne signée à Pâques 2001, base de ce rassemblement ?

Sous la rubrique « la lumière du Christ et… l’Eglise », le BIP du 1er Octobre vous présentait les 3 premiers ateliers de travail du Rassemblement œcuménique Européen : la question de l’unité, les spiritualités et le témoignage. Sous la rubrique « La lumière du Christ et… l’Europe », le BIP du 1er décembre évoquait 3 énormes questions qui concernent aussi nos Eglises : la construction européenne, le dialogue inter-religieux et les migrations. Trois sujets on ne peut plus d’actualité !

Sous la rubrique « La lumière du Christ et… le monde », voici les trois derniers ateliers. Vous pouvez en retrouver les détails sur les pages œcuméniques du site www.protestants.org qui vous conduiront au site de l’assemblée : Justice, paix et la sauvegarde de la création.
Ces 3 thèmes sonnent aux oreilles des plus anciens. Ils étaient en effet le sujet du premier rassemblement œcuménique européen à Bâle en 1989, prophétiquement juste avant la chute du mur. Depuis cette époque et les espoirs qu’elle avait suscités, les choses ont bien changé.

La question de la mondialisation a accentué dramatiquement les problèmes d’injustice et de pauvreté dans le monde et toutes nos Eglises s’en sont saisies. On peut travailler plusieurs documents à ce sujets : ceux du Conseil œcuménique des Eglises, le livre blanc des assises chrétiennes de la mondialisation (France) ou le document de la KEK (les Eglises européennes vivent leur foi dans le contexte de la mondialisation). Ou encore reprendre les engagements du défi Michée. La Charte œcuménique Européenne dit par ex. : Il appartient à la réconciliation de favoriser la justice sociale, dans et entre tous les peuples, avant tout, de surmonter le fossé entre pauvres et riches, ainsi que de vaincre le chômage. Nous voulons ensemble contribuer à ce que les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile soient accueillis dignement en Europe.

La revue Unité des chrétiens a justement consacré son N° 143 au défi que représente pour les Eglises les migrations en Europe.
La sauvegarde de la création, thème devenu en 20 ans à la une de l’actualité, rejoint les réseaux qui s’en occupent, aussi au sein du protestantisme français que plus largement de manière œcuménique ou européenne. Les questions sont ici pratiques et spirituelles : comment allier célébration (ainsi la proposition orthodoxe d’une célébration annuelle pour la création en septembre) et engagement sur le terrain des Eglises en faveur du respect de la création : avec quelle pédagogie et pour quel style de vie ? Un réseau européen (European Christian Environmental Network, http://www.ecen.org/) propose des éléments concrets et liturgiques. L’assemblée de Sibiu sera d’ailleurs elle-même organisée selon des critères « écologiques ». La Charte Œcuménique dit : Dans notre foi en l’amour de Dieu, le créateur, nous reconnaissons avec gratitude le cadeau de la création, la valeur et la beauté de la nature. Mais nous voyons avec effroi que les biens de la terre sont surexploités sans considération de leur valeur propre, sans tenir compte de leur caractère limité et sans égards pour le bien des générations futures ». La revue Unité des chrétiens offrira cet été son N°147 sur les questions écologiques.

La Paix… Faut-il rappeler que l’Europe a démarré sur un projet de Paix en grande partie d’inspiration chrétienne ? Que le mouvement œcuménique lui-même est né d’une composante de lutte pour la paix (christianisme pratique) ? Que nous sommes dans la décennie des Eglises pour surmonter la violence, et que le focus 2007 concerne l’Europe (http://vaincrelaviolence.org/fr) ? Faut-il rappeler que les dernières assises de la FPF lui ont été consacrées ? Qu’à l’heure où j’écris, les co-présidents du conseil d’Eglises chrétiennes en France sont à nouveau au Liban ? Qu’à Wittenberg en Février, les 300 délégués qui préparaient Sibiu ont placé leur rencontre sous le thème « Fais de moi un instrument de ta paix » ? Et que l’on peut relire avec profit les documents de l’Assemblée européenne précédente, 1997 à Graz, en pleine guerre des Balkans, sur le thème encore prophétique de la Réconciliation ? Le Charte ajoute : Face au grand nombre de conflits, il est de la mission des Églises de contribuer ensemble au service de la réconciliation des peuples et des cultures. Nous savons que la paix entre les Églises est également, pour cela, un présupposé important.

N’hésitez pas à reprendre ces sujets en journées inter-Eglises, en groupes de partage (œcuméniques ou non) ou dans des conférences ouvertes. Faites nous part de vos réflexions afin que vos délégués puissent être à Sibiu porteurs de vos convictions.

Le travail des Eglises auprès des instances européennes est permanent. Nous en reparlerons. Ce rassemblement a lui, la particularité d’être plus large. Il a d’une part une fonction symbolique évidente, celle de rendre visible au plan européen, l’engagement des Eglises au service de leurs contemporains. D’autre part, alors que se manifestent des replis identitaires forts, il rend tout aussi manifeste la volonté de la grande diversité des chrétiens de marcher vers plus de communion dans le Christ… pour témoigner de l’Evangile, puisque telle est leur vocation et leur mission. (GD)